M. L. demeure à Beaumont-Pied-de-Boeuf. Il est totalement dépendant à la suite d'accidents de santé.
Jusqu'au 6 janvier, ses déchets ménagers et de soins étaient déposés chaque semaine devant le portail de son lieu de résidence par la personne qui l'assiste.
Depuis la fameuse fumeuse réforme, il faut traverser tout le bourg pour jeter le sac dans la colonne d'apport dit volontaire située à 700 m. M. L. refuse catégoriquement que les personnes qui l'aident subissent cette contrainte supplémentaire.
Au fil des jours et des semaines, les déchets s'entassent dans la propriété.
Sa fille, H. L., interroge le Syndicat, qui renvoie aux voisins, aux proches, au CCAS...
Le Syndicat ? Il a fait exploser le nombre de cas particuliers mais les régler n'est pas de son ressort.
Ne supportant plus cette situation, H.L. vient déposer deux énormes sacs au siège du Syndicat au Lude.
Accueil glacial.
H. L. s'étonne d'une bizarrerie : son père et ses voisins habitent à une entrée du bourg et ne sont pas collectés en porte à porte alors que le camion passe devant chez eux avant de faire demi-tour.
On s'étonne, on sort la carte du zonage : oui, c'est vrai, il y a bien erreur.
Mais, lui affirme-t-on, c'est pas la faute au Syndicat !
Alors pourquoi ont-ils des badges pour colonnes et non des bacs individuels ?
On ne sait, mais c'est sûr, c'est pas la faute au Syndicat !
On explore les listings : M. L. et ses voisins n'y figurent pas, non plus leur lieu-dit !
On le lui redit : c'est pas la faute au Syndicat !
H. L.avait pourtant, l'été dernier, téléphoné au N° Vert indiqué et avait expliqué la situation. Faut croire que c'était pas le bon N°. Et puis elle ne comprend pas, et puis elle mélange tout, et puis...
Forcément puisque c'est pas la faute au Syndicat !
Moins de 24 h après cette visite impromptue au Lude, M. L. s'est vu livré les bacs de collecte en porte à porte.
Alors là, vrai de vrai, c'est vraiment pas la faute au Syndicat !
HL