Nous publions, ci-dessous, un témoignage qui nous a été remis spontanément par une habitante de notre territoire : un texte qui se suffit à lui-même. Avec son accord, nous avons gommé le nom de sa commune de résidence et signé de ses seules initiales : les « décideurs » pourront l'identifier sans mal, les importuns devront passer leur chemin.
"J'ai 70 ans et je suis propriétaire de ma maison acquise en 1989.
Le choix du lieu et de cette résidence secondaire s'est concrétisé du fait de sa proximité avec la gare. Je ne possède pas de voiture, je me déplace en deux-roues (scooter, vélo).
Le village se trouve à 1,5 km de mon domicile. Cette maison est devenue depuis 10 ans ma résidence principale. J'ai peu à peu investi ce lieu pour en faire une maison familiale. J'y reçois régulièrement mes enfants et petits-enfants.
La nouvelle organisation du ramassage des poubelles a mis à mal l'aménagement de ma vie quotidienne. J'ai été contrainte d'adhérer au dispositif nommé très subtilement « usagers en apport volontaire PAV ». J'aurais donc dû docilement accepter, sans réagir, de porter à 2,6 kms mes sacs de 30 litres sans moyen adapté, puis aller dans une autre direction, à 2 kms environ, porter mes bouteilles car il n'y a pas de conteneur à verre sur le site de la colonne de déchets ménagers.
Pour toutes ces raisons j'ai fait un courrier au président du Syndicat du Val-de-Loir pour lui exposer la situation et éventuellement réfléchir à un autre aménagement, sachant que le dispositif mis en place pour les usagers dit « en porte-à-porte » passe à 200 m de chez moi. C'était courant août. A ce jour, je n'ai reçu aucune réponse.
La contribuable que je suis est très en colère de n'avoir à aucun moment été associée à cette réorganisation, tant sur le coût que sur l'organisation, et est en colère de vérifier encore une fois le mépris et la légèreté dont font preuve les décideurs.
La citoyenne que je suis est humiliée par le peu de considération de ces mêmes décideurs qui lui rendent difficile l'accomplissement quotidien de l'élimination des déchets.
Je ne dois pas être la seule confrontée à l'indifférence des hommes que nous mandatons pour mieux gérer notre communauté, notre vivre ensemble en prenant compte les particularités de chacun.
J'ai donc par anticipation décidé de vendre ma maison. Vu mon âge et ma mobilité réduite, la situation ne va pas s'améliorer, mais se complexifier davantage.
Je suis triste car j'avais « pensé » mon environnement, je l'avais aménagé pour faciliter ma retraite, ma vieillesse...".
DLG, 10 décembre 2014