Monsieur,
Ainsi donc, avez-vous affirmé dans le Petit Courrier (page 27, édition du 26 septembre), que le Collectif insulterait les élus en « les (taxant) notamment d'irresponsabilité ». Vous avez réitéré de vive voix la substance du propos à l'occasion de la réunion du comité du Syndicat mixte des ordures ménagères le mardi 30 septembre.
C'est décidément une manie. Vous êtes le troisième responsable du Syndicat mixte à jouer de cette musique. Vos prédécesseurs en ont été pour leurs frais : la justice a classé sans suite leurs plaintes pour injures déposées à l'encontre de deux de nos amies. La méthode est un aveu de faiblesse et d'impuissance. Incapable de répondre avec quelque crédit aux critiques qui fusent de partout sur votre réforme de la collecte des OM et de sa tarification, vous tentez de vous faire passer pour victime et d'associer « les élus » à votre stratagème. En vain.
Voyons d'abord ce qu'il en est de l'« irresponsabilité ». Pour plus de 700 000 euros payés cash, le Syndicat a acheté sur catalogue 220 exemplaires d'un modèle de conteneur dépourvu de toute référence d'utilisation et de fiabilité. C'est ce que l'on appelle agir avec légèreté. Selon tous les dictionnaires, c'est précisément là l'un des sens courants du terme irresponsabilité.
Le Syndicat mixte a remplacé la Taxe d'enlèvement des ordures ménagères (TEOM) par la Redevance d'enlèvement des ordures ménagères (REOM). Un mot diffère et tout est changé. Les services des Finances publiques ont tenté de vous en dissuader pour différentes raisons plus pertinentes les unes que les autres. Vous êtes passés outre, ce qui était votre droit, mais vous avez omis à l'époque d'en informer le Comité syndical. Légèreté encore, et le mot est faible, donc irresponsabilité.
Le nouveau Président vient de le déclarer devant le Comité syndical : « On n'a pas bien réalisé les problèmes posés par une telle facturation que le Syndicat doit assumer à la place des services de l’État. L'appréhension de tous les outils nécessaires n'a pas été bien vue ». Ce n'est donc plus la peu crédible chanson des « problèmes de paramétrage de logiciel » serinée tout au long du printemps. De votre part, le registre est ici le refus d'assumer ses choix et ses actes. C'est là, nous disent les dictionnaires, un second sens du mot irresponsabilité.
Passons à votre appréciation de la réforme. Vous venez d'affirmer devant le Comité syndical : « A Requeil, ça marche bien comme ça. Quand on dit ça va bien, on n'est pas dans l'air du temps ! » Mais oui, c'est bien sûr ! Que n'y a-t-on pensé plutôt ? C'est pour prendre l'air du temps que plus de 15 % des foyers de Requeil ont saisi le Tribunal d’instance pour demander réparation de cette réforme qui marche bien. Et c’est sans doute intoxiqué par le même mauvais air que le Président du Syndicat vient d’assigner en justice le fournisseur des trop fameux conteneurs. Sont atteints même vos collègues maires que vous fustigez parce qu’ils « s'insurgent maintenant contre la réforme (…) c'est du déni de démocratie et de la démagogie à l'occasion».
Ah, Monsieur Leblanc, vous avez raison : quels tours ne nous joue pas l’air du temps ! Votre réforme est bonne, excellente même. Le seul problème, tout petit problème, est juste que la réalité ne parvient pas à coller avec.
Trêve d’ironie. Vous en avez fait l’implacable démonstration : en cette affaire, vous êtes jusqu’à la caricature un irresponsable doublé d’un dogmatique. C’est grave car, au-delà de l’affaire des ordures ménagères, cet aveuglement et cette surdité contribuent à nourrir la suspicion aujourd’hui éprouvée par un grand nombre de nos concitoyens à l’égard des institutions républicaines et des élus.
Nous vous prions d'agréer, Monsieur, nos salutations.
Marc Blachère, Président du Collectif Val-de-Loir
Collectif Val-de-Loir, le 10 octobre 2014